Goodnight Universe, c’est le genre de jeu qu’on a du mal à décrire.
Pas parce qu’il est compliqué, mais parce qu’il faut le vivre pour comprendre.
C’est une expérience presque surnaturelle, à mi-chemin entre la simulation narrative et le conte initiatique.
Développé par Nice Dream, édité par Skybound Games et distribué par Maximum Entertainment, le jeu est sorti le 9 décembre 2025 sur Switch 2 et PlayStation 5, après une sortie dématérialisée en novembre sur PC, Xbox et Nintendo Switch.
Dès les premières secondes, l’ambiance est posée.
Une voix d’homme âgé, calme, presque rassurante, murmure :
« Il est temps de partir… Ils prendront soin de toi. Tu les aimeras. Ils te ramèneront à la maison. »
Et là, on comprend : on n’est pas un adulte.
On n’est même pas un enfant.
On est un bébé. Un bébé conscient, qui perçoit le monde d’une manière unique.
Chaque regard, chaque texte que l’on choisit façonne notre perception.
On interagit, on observe, on essaie de parler, mais personne ne nous comprend.
Pour eux, ce ne sont que des gazouillis.
Peu à peu, on grandit. On découvre que ce vieil homme était notre grand-père.
Il est parti au ciel, mais il a laissé derrière lui un livre étrange, rempli de symboles mystérieux. C’est à partir de là que tout change. Des pouvoirs surnaturels s’éveillent, et le jeu prend une tournure mystique. On n’en dira pas plus, car Goodnight Universe, c’est avant tout une expérience qu’il faut découvrir soi-même.
Graphiquement, le jeu ne cherche pas à impressionner par la technique.
Il mise tout sur l’émotion. Le rendu est semi-réaliste, avec un style pictural proche d’un film d’animation moderne.
On pense à Cartoon Saloon, voire à Studio Drydock pour la douceur du trait.
Les contours sont légers, les formes fondues, et la lumière occupe une place centrale.
Les tons chauds et pastel dominent jaunes, orangés, bruns rappelant la chaleur d’un coucher de soleil. Par moments, la lumière naturelle traverse une fenêtre et vient inonder la pièce d’une mélancolie douce, presque cinématographique. Les ombres, les reflets, les petits détails du quotidien… tout semble baigner dans la mémoire.
Chaque scène est minutieusement composée :
Une cuisine un peu en désordre, un bureau d’entreprise, une chambre où flotte encore l’odeur de la vie. Les choix textuels apparaissent à l’écran comme des pensées suspendues :
« Un monstre. »
« Un bébé. »
« Un miracle. »
Ces choix ne déterminent pas seulement notre avis…
Ils définissent qui l’on devient et ce que l’on souhaite choisir.
Goodnight Universe n’est pas un jeu d’action, ni de vitesse.
Même si certaines scènes demandent un peu de réactivité, l’essentiel n’est pas là.
C’est un jeu de réflexion, un jeu de sensations.
Il parle de la naissance de la conscience, de la maternité, de la mémoire… et du questionnement de soi.
Par moments, le jeu passe en noir et blanc crayonné.
C’est brut, épuré, mais terriblement efficace.
Ces séquences renforcent le contraste entre le quotidien et les grands questionnements de l’existence.
Une atmosphère étrange plane en permanence.
Il y a cette sensation… de ne pas être “d’ici”.
Un doute s’installe :
Sommes-nous vraiment un bébé humain ? Ou autre chose… un être venu d’ailleurs ?
L’histoire évoque par touches une présence extraterrestre. On doute, on observe, on cherche à comprendre. Au fil de l’aventure, on débloque des pouvoirs, on renforce nos interactions, et les spéculations vont bon train. On découvre notre famille, ses secrets, son passé… et on se demande : Sommes-nous vraiment leur enfant ? Ou un visiteur égaré dans une vie qui n’est pas la nôtre ?
L’ambiance sonore, c’est clairement un des points forts du jeu. Le son réagit à notre regard, à notre position dans la pièce. C’est bluffant. Chaque bruit, chaque respiration, chaque note semble vivante. Le mixage 3D donne une impression d’espace, de profondeur, presque tangible. Le tout s’adapte à l’action et vient renforcer chaque émotion. Avec un casque, surtout sur Switch 2, c’est juste incroyable.
La durée de vie tourne autour de 3h40 à 5h, selon vos choix et votre façon de jouer. Mais honnêtement, Goodnight Universe ne se “termine” pas vraiment. C’est une expérience. Un moment qu’on vit, qu’on ressent. Un jeu qui invite à prendre le temps d’observer, écouter, réfléchir. Chaque objet, chaque son, chaque texture a une signification. Tout est à sa place.
On referme le jeu avec une sensation étrange : un mélange de douceur, de curiosité et de mélancolie. Comme après un rêve qu’on n’arrive pas tout à fait à expliquer. Et c’est justement ce qui fait sa beauté.
Goodnight Universe est une petite claque émotionnelle. Une aventure qui parle moins à la tête qu’au cœur. On y découvre la beauté du silence, le mystère de la vie, et cette idée que chaque instant même minuscule peut cacher quelque chose de plus grand. Ce n’est peut-être pas un jeu pour tout le monde, clairement mais c’est une expérience qui mérite d’être vécue.
Si vous aimez les expériences contemplatives, poétiques et un brin mystique… Alors foncez. Vous ne jouerez pas à Goodnight Universe. Vous le ressentirez le vivrez.
Points Positifs |
Points Négatifs |
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