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Nous remercions Microids pour sa confiance et cette chance qui nous a été attribuée de réaliser un article sur L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur.

Ce test représente notre avis sur le jeu, il est donc plus ou moins « subjectif » même si nous essayons d’être le plus neutre possible. Vous pouvez donc vous baser également sur les tests réalisés sur d’autres sites afin d’avoir un avis plus global.

Le test a été réalisé sur une version PC Steam du jeu, offerte par l’éditeur.

Le jeu L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur sortira sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S le 24 avril 2025. Il sera proposé au prix de 39,99€ pour l’édition classique, 49,99€ pour l’édition Digital Deluxe, et une édition physique 25e anniversaire sera également disponible au tarif de 44,99€.

Nous ne pouvons pas parler de L’Amerzone sans évoquer l’œuvre originale du tristement regretté Benoît Sokal. Initialement sorti en 1999, le titre avait apporté un véritable vent de fraîcheur au genre du jeu d’aventure. Microids avait alors signé une œuvre marquante, avant d’enchaîner avec la sublime saga Syberia.


L’Amerzone, dès sa sortie, se distinguait par une atmosphère unique, une narration poétique, et une véritable ode à l’exploration.

Nous avons aujourd’hui le grand plaisir de redécouvrir en 2025 une nouvelle édition de ce jeu emblématique. Mais que vaut-elle vraiment ?

Dans L’Amerzone – L’Héritage de l’Explorateur, on incarne un jeune journaliste chargé d’une mission peu ordinaire : rapporter le dernier œuf d’une espèce mythique, les Grands Oiseaux Blancs. Ce périple nous entraîne au cœur d’un pays isolé, marqué par une nature aussi magnifique que dangereuse, et par les cicatrices d’un ancien régime dictatorial. À bord d’un véhicule multifonction, l’Hydroflotnous y reviendrons plus tard – on explore des lieux empreints de mystère, on résout des énigmes, et l’on lève peu à peu le voile sur une civilisation oubliée. Un voyage entre aventure, observation et exploration, au service d’un héritage aussi fragile que précieux.

Dès les premières secondes, on est immergé, happé par cette version revisitée qui sublime l’œuvre originale grâce au moteur Unity. Le soin apporté aux décors, aux lumières et à l’ambiance sonore reflète un véritable amour pour l’univers de Sokal. Chaque recoin semble avoir été travaillé avec minutie, et les environnements regorgent de petits détails qui donnent envie de tout observer, de tout analyser, comme si l’on redécouvrait l’Amerzone avec un regard neuf.

Déjà bluffant en 1999, le jeu devient aujourd’hui grandiose. Impossible pour les nostalgiques de passer à côté du célèbre postier, désormais modélisé en HD, clin d’œil savoureux et touchant. On retrouve cette même volonté de préserver l’âme du jeu, tout en l’adaptant aux standards modernes.

Cependant, si les décors enivrent, les personnages, eux, bien que largement améliorés par rapport à la version originale, manquent parfois d’un dernier petit coup de pinceau. Leur direction artistique reste efficace pour l’immersion, mais on sent que les environnements ont été plus finement travaillés. Rien de rédhibitoire, loin de là, mais on aurait aimé retrouver le même niveau de finesse jusque dans leurs expressions ou animations.

À l’époque, l’immersion musicale de L’Amerzone passait déjà par une bande-son marquante, signée Nicholas Varley sous la direction de Dimitri Bodiansky. Cette composition contribuait grandement à l’atmosphère unique du jeu, mêlant mystère, solitude et exploration. Aujourd’hui, pour cette nouvelle édition, nous avons l’honneur de retrouver la signature musicale d’Inon Zur et de Ori Zur.
Inon Zur n’en est pas à son coup d’essai avec Microids, puisqu’il a déjà œuvré sur Syberia 3 et Syberia: The World Before, avec une sensibilité reconnue pour sublimer les univers narratifs. Et le résultat ici est à la hauteur des attentes : tout en respectant l’esprit de la bande originale, les compositeurs ont su apporter un souffle nouveau, une fraîcheur bienvenue qui enrichit encore davantage l’immersion. L’ambiance sonore est pleine de nuances, à la fois discrète et envoûtante, parfaitement adaptée à la découverte progressive de ce monde mystérieux. Une réussite qui mérite d’être saluée.

Soyons clairs : si L’Amerzone avait été un simple remaster, cela aurait probablement laissé un goût de déjà-vu. Microids a fait le bon choix en optant pour une remasterisation complète, repensée mais respectueuse.

Honnêtement, nous ne nous sommes pas sentis perdus malgré les évolutions dans les mécaniques. Le principe de déplacement reste le même dans l’esprit : on choisit une zone, et on s’y rend. Mais ici, plus de téléportation immédiate comme en 1999 : dans cette nouvelle édition, notre personnage se déplace réellement dans le décor ! Ce simple changement visuel et immersif apporte une fluidité nouvelle à l’exploration.

Autre gros travail réalisé : l’inventaire. Il a été entièrement repensé. On dispose désormais d’un véritable menu d’enquêteur, parfaitement intégré à l’univers journalistique du héros. Et ce n’est pas qu’un simple accessoire : ce système permet aux développeurs d’enrichir l’œuvre originale de manière intelligente. Tout au long de l’aventure, on pourra lire des documents, analyser des indices… Cela permettra à notre protagoniste de rédiger des articles de presse en menant des missions annexes de recherche. Ce gameplay de collecte et d’analyse vient ajouter une profondeur bienvenue à la narration.

On se sent réellement dans la peau d’un journaliste en mission, cherchant à comprendre le passé de l’Amerzone et l’exploration initiale d’Alexandre Valembois ; à révéler ses secrets, à creuser toujours un peu plus loin. Cette chasse à l’information renforce la dimension immersive et narrative du jeu.

Cerise sur le gâteau : certains documents et objets collectés (comme des figurines ou éléments de lore) pourront être consultés à tout moment dans l’Hydraflot, notre fidèle véhicule transformable. Un petit musée personnel, qui enrichit encore davantage l’exploration.

Parlons justement de l’Hydraflot. Autrefois utilisé uniquement comme un simple véhicule de voyage, il prend ici une toute nouvelle dimension.
Dans cette version 2025, on ressent vraiment l’Hydraflot comme un compagnon de route, un véritable partenaire d’exploration.

Grâce aux disquettes créées par Alexandre Valembois, il est possible de modifier la structure du véhicule selon les besoins :
il peut ainsi passer d’un hélicoptère à une barque, en s’adaptant aux environnements que l’on traverse.

Mais ce n’est pas tout : cette transformation ne se fait pas toute seule. Il faut interagir manuellement avec l’interface à bord, choisir la transformation via un écran, puis abaisser les manettes soi-même pour lancer le processus. Une mécanique simple mais immersive, qui renforce le lien entre le joueur et ce curieux engin. L’Hydraflot devient ainsi un véritable hub entre deux chapitres, un espace vivant, avec de nombreuses interactions supplémentaires et même quelques éléments à collectionner ou consulter.

Mais… nous vous laisserons le plaisir de découvrir cette partie par vous-même, car elle regorge de petites surprises bien pensées.

Cette nouvelle œuvre ne se contente pas de reproduire à l’identique le jeu original : elle adapte, varie et fait évoluer certaines énigmes, tout en apportant ce fameux vent de fraîcheur qui rend l’expérience plus dynamique et moderne en prenant par exemple la nouvelle fonctionnalité de déplacement rapide : une fois une carte trouvée, vous pouvez vous déplacer dans les zones disponibles du chapitre. Par ailleurs, une fonctionnalité inédite vient enrichir l’expérience une fois l’aventure terminée : il est désormais possible de rejouer librement n’importe quel chapitre. Le joueur peut ainsi revenir sur des zones précédentes pour récupérer des objets, explorer des recoins oubliés ou débloquer des informations manquées, dans le but de viser le 100 %.

Un ajout très appréciable, qui prolonge la durée de vie et renforce l’aspect exploratoire et complétionniste de l’Amerzone.

Nous avons vécu l’aventure sur environ 8 heures, sans voir le temps passer, et surtout sans aucun bug à signaler. Le tout s’est déroulé avec une fluidité remarquable et une narration clairement expliquée.

Si l’on prend le temps d’explorer soigneusement et de lire les documents, on ne reste jamais bloqué : tout est suffisamment commenté et guidé pour permettre à chacun d’aller au bout de l’histoire sans frustration.

Un seul conseil :
👉 ouvrez bien les yeux
📖 et lisez tout ce que vous trouvez.

C’est la clé pour profiter pleinement de cette aventure unique et en tirer toute la richesse narrative et immersive qu’elle a à offrir.

Tout de même, sur PC, nous avons noté quelques légères latences lors des déplacements de caméra, notamment dans les zones comportant de l’eau.
Rien de réellement gênant, rassurez-vous : le jeu reste fluide, stable et visuellement propre dans l’ensemble. À noter également que la durée de vie a été doublée par rapport à l’œuvre originale. L’Amerzone de 1999 pouvait être terminé en environ 4 heures, tandis que cette nouvelle édition nous a offert près de 8 heures d’aventure, bien remplies, sans jamais perdre en rythme ni en intérêt.

Difficile de rester objectif tant l’œuvre touche à notre côté nostalgique, et réveille en nous des souvenirs d’enfance précieuxL’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur réussit le pari délicat de faire revivre une légende sans la trahir, tout en lui insufflant une nouvelle âme.

Bien que plus longue que l’original de 1999, cette version reste un jeu relativement court – nous aurions apprécié un petit chapitre en plus, ou un peu plus de liberté dans certains passages. Mais à bien y réfléchir, en faire trop aurait pu nuire à l’équilibre ou au respect de l’œuvre d’origine.

Microids a su trouver le juste milieu : une remasterisation respectueuse, poétique, et intelligemment modernisée.
Visuellement sublimé, enrichi par un système d’inventaire bien pensé, une ambiance sonore soignée, et une narration fidèle mais revisitée, ce nouvel Amerzone s’impose comme une réussite à la fois technique et émotionnelle.

On ressort de cette aventure ému, apaisé, et avec l’envie de replonger dans l’univers de Sokal. Pour les nouveaux venus comme pour les fans de la première heure, L’Amerzone – Le Testament de l’Explorateur est une parenthèse onirique à ne pas manquer.

Et si Microids lit ces lignes… sachez que nous ne serions pas contre l’idée de prolonger l’aventure ! Nous aimerions voir l’impact de notre exploration sur l’Amerzone, découvrir ce qu’il advient de ce monde après notre passage, ou pourquoi pas, vivre une toute nouvelle histoire inspirée de cet univers fascinant.

À qui s’adresse L’Amerzone : Le Testament de l’Explorateur ?
Aux nostalgiques de la première heure, aux fans de jeux contemplatifs et narratifs, mais aussi à tous les curieux en quête d’un voyage dépaysant mêlant enquête, nature et poésie. Un jeu parfait à savourer au calme, casque sur les oreilles, carnet à la main. Et si possible en Famille !

Points Positifs

Points Négatifs

  • L’univers revisité avec soin et fidèle à l’œuvre de 1999
  • La modélisation des personnages un peu en retrait face à la richesse des décors
  • La direction artistique immersive et magnifiée par Unity
  • Quelques latences notées sur PC, surtout dans les zones avec de l’eau
  • Une bande-son revisitée par Inon & Ori Zur, respectueuse et poétique
  • Une aventure courte — bien que deux fois plus longue que l’original, on en aurait voulu encore
  • Un inventaire repensé, utile et cohérent avec le rôle du journaliste
  • L’Hydraflot, transformable et central dans la progression, devient un vrai hub vivant