Two Point Museum est sorti le 4 mars 2025 sur PC, PlayStation 5 et Xbox Series X|S. Développé par Two Point Studios et édité par SEGA, il nous propose cette fois de quitter les hôpitaux et les campus pour prendre la direction de plusieurs musées.
Et il faut bien l’avouer : pour les amateurs de jeux de gestion ayant grandi avec les grandes productions des années 90, il était difficile de refuser l’invitation.
Des années 90 à Two Point Museum
Avant Two Point, il y avait des licences qui ont marqué toute une génération de joueurs : Populous, Theme Park, Dungeon Keeper ou encore évidemment Theme Hospital.

En 2018, Two Point Studios réussissait à raviver cette formule avec Two Point Hospital, héritier spirituel assumé de Theme Hospital. Après Two Point Campus, le studio s’est ensuite attaqué à un nouveau terrain de jeu : les musées. Et sur le papier, Two Point Museum ressemble presque à la rencontre improbable entre Theme Hospital et Zoo Tycoon.
Alors, que vaut réellement ce jeu sorti en 2025 ? Et surtout, pourquoi le tester seulement maintenant ?
La réponse est finalement toute simple : Cosmocover nous a proposé de découvrir le jeu, et nous avons immédiatement accepté. Même si plusieurs contenus additionnels existent aujourd’hui, notre test se concentre ici sur l’expérience proposée par le jeu de base, sans DLC. Et bon sang que cette proposition nous intriguait. Pour quelqu’un qui a passé beaucoup trop d’heures sur les jeux de gestion des années 90, difficile de dire non.
Deux façons de gérer son musée
Dès le lancement, Two Point Museum nous propose principalement deux approches : le mode Campagne et le mode Bac à sable. Nous allons évidemment parler des deux, même si notre aventure s’est surtout concentrée sur la campagne.
Le mode Bac à sable : faites absolument ce que vous voulez
Le jeu résume finalement assez bien lui-même son mode Bac à sable :
« Laissez parler votre côté créatif ou mettez-vous au défi grâce aux nombreux paramètres de personnalisation du mode Bac à sable. »
Et c’est exactement ça.
Vous choisissez vos paramètres, vos contraintes et votre manière de jouer.
En gros : vous faites ce que vous voulez avec le jeu.
Vous pouvez construire tranquillement le musée de vos rêves ou, au contraire, vous imposer davantage de contraintes de gestion. C’est un mode particulièrement adapté à ceux qui souhaitent prolonger l’expérience après la campagne ou simplement laisser parler leur créativité.
La campagne : enfilez votre blouse, il y a du travail
Le mode Campagne nous invite quant à lui à :
« Commencer notre carrière de conservateur de musée et explorer les recoins les plus reculés de Two Point County. »
Traduction : enfile ta blouse et au boulot !
Et justement, du travail, il y en a.
Bienvenue dans votre premier musée… enfin, ce qu’il en reste
Notre aventure commence avec un premier établissement dans un état assez désolant. Les lieux sont quasiment vides, les finances ne sont pas particulièrement réjouissantes et la réputation du musée est loin d’être extraordinaire.
Autrement dit : tout est à refaire.
Heureusement, les murs tiennent encore debout. À nous maintenant de redonner ses lettres de noblesse à l’établissement. On commence modestement en installant quelques premières pièces d’exposition. Puis viennent rapidement la billetterie, les boîtes à dons et les premiers équipements destinés aux visiteurs.
Et c’est à cet instant que Two Point Museum commence progressivement à dévoiler toute sa profondeur.
Indiana Jones avec un tableau Excel
L’une des idées les plus intéressantes du jeu vient des expéditions.
Contrairement à un jeu de gestion dans lequel toutes les ressources seraient immédiatement disponibles, il faut envoyer nos spécialistes explorer différentes régions de Two Point County afin de découvrir de nouvelles pièces pour nos collections. Fossiles, reliques et autres curiosités viennent ainsi
progressivement enrichir nos expositions. Mais envoyer une équipe n’est pas anodin. Il faut recruter les bons employés, tenir compte de leurs compétences et parfois de leurs défauts, puis patienter pendant leur mission.
Et surtout, une expédition peut laisser des traces.
Certains membres de l’équipe peuvent revenir blessés ou épuisés. Il faudra alors les soigner, leur permettre de récupérer et parfois réorganiser complètement votre prochaine mission. Cela apporte une dimension supplémentaire à la gestion : vos employés ne sont pas simplement des unités que l’on envoie automatiquement chercher du contenu.
Il faut prendre soin d’eux.
Construire un musée, c’est bien. Le faire fonctionner, c’est autre chose.
Très rapidement, notre petit musée commence à accueillir du monde. Et évidemment, qui dit visiteurs dit nouveaux problèmes.
Il faut recruter différents employés, surveiller leurs besoins, créer des salles de repos, construire des toilettes, installer des bancs, ajouter des poubelles et maintenir les lieux propres.
Puis vient la décoration.
Parce qu’un musée rempli de magnifiques fossiles mais ressemblant à un entrepôt n’est pas forcément très attirant. Il faut donc aménager les espaces, organiser les parcours, travailler l’ambiance et améliorer progressivement la satisfaction des visiteurs.
La gestion financière reste évidemment présente.
Entre les salaires, les installations, les nouvelles constructions et les différentes améliorations, il faut surveiller son budget tout en cherchant à augmenter les revenus du musée. Les dons des visiteurs deviennent notamment une source importante d’argent.
Et progressivement, cette petite boucle devient terriblement addictive :
explorer → découvrir → exposer → attirer des visiteurs → gagner de l’argent → améliorer le musée → repartir en expédition.
Puis recommencer. Encore. Et encore.
Toujours quelque chose à faire
C’est probablement l’une des grandes forces de Two Point Museum.
Le jeu nous abreuve constamment de petits objectifs. Développer une nouvelle exposition, atteindre un certain niveau
de satisfaction, envoyer plusieurs expéditions, améliorer la réputation du musée ou répondre à différentes demandes… On sait pratiquement toujours quoi faire. Cette succession de petits objectifs évite que le joueur se retrouve devant son musée en se demandant :
« Bon… et maintenant ? »
Le jeu nous guide suffisamment pour maintenir un véritable rythme, sans pour autant nous empêcher d’organiser notre musée comme nous le souhaitons.
Une interface pensée pour la gestion
Malgré le nombre important d’informations à surveiller, l’interface reste globalement claire. Les différents menus permettent d’accéder rapidement aux informations importantes concernant le personnel, les visiteurs ou encore les objectifs en cours. Pendant notre partie, nous n’avons jamais réellement eu l’impression de devoir lutter contre l’interface. Et pour un jeu de gestion, c’est loin d’être un détail.
Two Point Museum est parfaitement jouable au clavier/ souris et à la manette, une configuration qui reste selon nous particulièrement naturelle pour ce type de jeu.
Un véritable petit musée de bande dessinée
Visuellement, Two Point Museum reste totalement fidèle à l’identité de la série. Le jeu conserve cette direction artistique très colorée, légèrement caricaturale et immédiatement reconnaissable. Les personnages possèdent des proportions exagérées, les animations sont volontairement comiques et les objets exposés disposent souvent de petits détails amusants. Même lorsqu’un musée commence à devenir particulièrement chargé, l’ensemble reste agréable à observer.
Et surtout, le jeu possède ce petit talent particulier pour transformer une simple session de gestion en véritable petit spectacle permanent. On passe régulièrement quelques secondes à observer nos visiteurs déambuler entre les différentes expositions simplement pour regarder ce qu’ils font.
Et parfois, évidemment, pour constater leurs nombreuses bêtises.
Un musée qui prend progressivement vie
Au départ, les salles sont presque entièrement vides. Quelques murs. Quelques visiteurs. Quelques employés.
Puis les premières expositions apparaissent.
Les couloirs se remplissent. Les visiteurs commencent à s’arrêter devant les pièces. Les employés courent un peu partout. De nouvelles salles voient le jour.
Et après quelques heures, on réalise que le bâtiment vide découvert au début de la partie est devenu notre musée.
C’est extrêmement satisfaisant.
L’humour Two Point est toujours là
Évidemment, impossible de parler de la série sans évoquer son humour.
Two Point Museum ne se prend jamais totalement au sérieux.
Les animations, les situations absurdes, les descriptions et les annonces diffusées dans le musée participent énormément à l’ambiance générale.Mais le plus intéressant est que cet humour n’empêche jamais le jeu de proposer une véritable gestion.Sous son apparence légère, il faut réellement surveiller son personnel, son argent, ses visiteurs et ses expéditions. C’est probablement ce mélange qui fonctionne aussi bien.
On rigole.
Puis trente secondes plus tard, on réalise qu’un employé est épuisé, qu’une salle est sale et que notre prochaine expédition risque de mal tourner.
Bienvenue dans la gestion.
Une localisation française presque complète
Two Point Museum propose ses textes, son interface et ses sous-titres en français.
En revanche, les voix et les annonces du narrateur restent en anglais. Cela ne nous a absolument pas empêchés de profiter du jeu. Les textes étant correctement traduits, l’ensemble reste parfaitement accessible aux joueurs francophones.
Alors, ce Two Point Museum ?
Il y a parfois des jeux que l’on lance simplement pour « voir ».
Puis trente minutes plus tard, on déplace une poubelle de cinquante centimètres parce qu’elle n’est pas parfaitement alignée avec le banc situé à côté.
Two Point Museum fait partie de ces jeux-là.
Il possède cette capacité extrêmement dangereuse des bons jeux de gestion à nous faire perdre totalement la notion du temps.
« Je termine juste cette expédition. »
Puis :
« Je vais juste installer ce fossile. »
Puis :
« Tant que j’y suis, je vais refaire cette salle. »
Et soudain, une heure vient de disparaître.
Les amateurs de Theme Hospital, Theme Park, Zoo Tycoon et plus généralement des jeux de gestion à l’ancienne retrouveront immédiatement certaines sensations familières.
Mais Two Point Studios ne se contente pas uniquement de jouer sur la nostalgie.
Les expéditions, la gestion des collections et la progression des différents musées apportent suffisamment de personnalité pour que Two Point Museum possède sa propre identité.
Et de notre côté ?
C’est un énorme plaisir.
Il nous rappelle pourquoi nous aimions autant les jeux de gestion il y a trente ans, tout en modernisant suffisamment la formule pour qu’elle fonctionne parfaitement aujourd’hui.
On pensait simplement visiter le musée.
Finalement, on y a pris un abonnement.
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